Lieu d'expositions, le Fort est également un témoin du passé "militaro-maritime" de Saint-Nazaire.

 

Il reste en effet le seul édifice militaire côtier du XIXème qui soit parvenu presque intact jusqu'à nous aujourd'hui, avec le fort de Chemoulin (appartenant à la Marine Nationale) et la poudrière de la Belle-Fontaine (villa privée).

C'est en 1861, sous Napoléon III, que le Fort de Villès est construit, ainsi que ceux de Mindin et de l'Eve.

Son architecture est inspiré par les modèles de casemates côtières conçues par le général Montalembert en 1790.

 

L'intérêt du Fort est avant tout stratégique, car il permettait d'assurer le contrôle total de l'estuaire.

 

Le toit-terrasse du fortin permettait de disposer des pièces d'artillerie pour un tir défensif destiné aux navires ennemis s'approchant de la rade. Le tir était coordonné et croisé avec ceux des batteries côtières de la Pointe de Saint-Nazaire, de la Pointe de l'Eve et de Chemoulin. Avec le fort de Mindin, au sud du chenal, le contrôle de l'accès de l'estuaire était absolu.

 

La porte d'entrée était doublée avec un pont-levis, qui relevé, protégeait de toute tentative d'enfoncement au bélier. Un fossé vide, entourant l'édifice, était destiné à empêcher les assaillants de creuser un tunnel à la barre à mine pour s'attaquer ensuite aux murs (en les faisant exploser avec de la poudre). Le bâtiment est construit sur deux niveaux : un entresol muni de citernes à eau remplies par les eaux de pluie grâce à un conduit provenant du toit-terrasse. En cas de siège, les occupants pouvaient ainsi résister plus longtemps grâce à cette réserve d'eau naturelle. Les deux pièces principales sont dotées d'un système de voûtes. La liaison entre le rez-de-chaussée et le toit-terrasse se faisait par un escalier en bois. Ces deux pièces servaient de stockage pour les munitions, la poudre et les fusils de la garnison, et aussi de logement pour le gardien et le corps de garde-côtes. Grâce aux fenêtres, les soldats orientaient leurs tirs à partir des meurtrières situées en-dessous.

 

A quelques mètres du Fort, se trouve un talus, face à l'océan, disposé en arc-de-cercle. Ce talus, dont une partie a été conservée, était constitué d'un mur d'escarpe en pierres (côté plage). Sur l'intérieur était aménagée une banquette revêtue de pierres, pour un tir d'infanterie empêchant une tentative de débarquement sur la plage. Entre ces deux parties construites en dur, se trouvait un remplissage en terre, qui avait une fonction défensive : si les boulets de canon tirés à partir de navires ennemis réussissaient à détruire les pierres du mur, ils venaient s'amortir et arrêtaient leur course dans la terre de ce talus.

 

Entre 1891 et 1905, les moyens de défense militaire de l'entrée de la Loire sont à nouveau transformés. Alors que la batterie de Mindin est entièrement désaffectée, celle de Villès-Martin reçoit de nouveaux équipements tel qu'un bâtiment pour les garde-côtes (emplacement de l'actuelle base nautique) et des projecteurs électriques.

 

De 1936 à 1939, la zone de servitude militaire du Fort est agrandie. Le fortin est transformé en magasin à poudre et sur l'ancien talus fortifié de la côte, des cuves à mitrailleuses sont construites. Le fossé est comblé et le pont-levis démonté. Le toit-terrasse d'origine est également comblé par du sable et un coffrage en béton armé.

 

L'occupant allemand, de 1940 à 1942, construit autour du Fort deux bunkers pour le stockage des munitions et l'abri des soldats. Le site est à nouveau fortifié, sur l'ancien talus est disposée une nouvelle plate-forme en béton armé pour supporter une pièce d'artillerie lourde. Le blockhaus de Villès-Martin est affecté à la transmission radio des informations captées par les radars des navires et avions. Des encuvements étaient destinés à la riposte immédiate.

 

Durant le seconde guerre mondiale, il y avait 850 bunkers dans le département de Loire-Atlantique, et la région nazairienne regroupait à elle seule un quart des blockhaus français.

 

En 1945, il est racheté par les douanes et transformé en Auberge de Jeunesse de 1949 à 1955. Il est ensuite utilisé par les Eclaireurs Neutres de France dans les années 60-70.

 

Vestige historique livré à l’abandon, la restauration du Fort, supervisée par les services municipaux est confié à un Compagnon du Tour de France entre 1985 et 1986. Un groupe en TUC (Travail d’Utilité Public) participe à cette restauration.

 

En 1989, la Maison de Quartier de Kerlédé se voit confier la gestion du Fort de Villès Martin et l’intègre dans son projet de développement de quartier tourné vers la mer.

 

Entre 1997 et 1999, quelques expositions y sont organisées avec succès.

 

En 1999, un groupe d’habitants est constitué et depuis, ce groupe œuvre pour proposer un programme d’exposition à l’année.